La Presse et l'Habitat. Algérie

Ce blog se veut comme un recceuil d'articles de presse pertinents sur le secteur de l'Habitat. Bien entendu, le contenu des articles n'engage que leurs auteurs.

samedi 30 août 2008

325 millions de dinars pour la réhabilitation du vieux bâti
par Djamel B. Le quotidien d'Oran

Dans le cadre des opérations visant la réhabilitation du cadre bâti, la Direction de l'urbanisme, de la construction et de l'habitat (DUCH) lancera, dans les tout prochains jours, un vaste opération pour la rénovation et la réhabilitation de 13.000 logements répartis à travers plusieurs quartiers de la ville. Selon des sources proches de la wilaya, une enveloppe de quelque 325 millions de dinars a été consacrée, dans une première étape, à cette opération.

Les opérations de recensement des logements nécessitant des travaux de réhabilitation, lancées par la tutelle, ont révélé que quelque 55.000 logements nécessitent des travaux de rénovation, notamment au niveau des quartiers à grande concentration d'immeubles menaçant ruine, à l'image d'El-Hamri, du Derb ou de Sidi El-Houari et dans certaines communes de la wilaya d'Oran. Nos sources indiquent que les travaux seront effectués par étapes, en fonction de la disponibilité des crédits, et ce jusqu'à l'achèvement de l'opération. La première phase concernera 25% des 13.000 logements retenus par la direction, en prenant en compte les priorités de chaque secteur urbain.

La réhabilitation de ces logements viendra renforcer l'opération de réhabilitation de quelque 200 immeubles qui sera lancée incessamment par l'Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) au niveau de certains quartiers du centre-ville et à Sidi El-Houari. Aussi, il a été décidé de retenir trois sites englobant les 200 immeubles qui nécessitent des interventions en urgence. Le premier site concerne un nombre précis d'immeubles situés au centre-ville et limités par un grand îlot situé entre la rue Khemisti, la rue Larbi Ben M'hidi et le boulevard Emir Abdelkader. Le second site concernera des immeubles recensés au niveau du boulevard Maâta et le troisième site touchera des immeubles au niveau de Sidi El-Houari, en partant de la place des Quinconces et en passant par la place Kléber.

L'opération sera jumelée avec le traitement de la voirie pour livrer des îlots complètement réhabilités. Une enveloppe de 70 milliards de centimes avait été débloquée par le ministère de l'Habitat dans le cadre des dispositions prises pour la réhabilitation du vieux bâti à Oran. Une seconde enveloppe de 32 milliards a été consacrée, d'autre part, à des opérations d'expertise des immeubles menaçant ruine à travers l'ensemble des communes de la wilaya.
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L’association générale des entrepreneurs algériens
“Le secteur du BTPH est dans un état déplorable”
Par :Meziane Rabhi - Liberté

L’AGEA indique que “l’exclusion dans le choix de marchés confiés en grande partie à des entreprises étrangères a fortement contribué à perturber ce secteur déjà fragilisé, mettant à mal les moyens et les capacités de production nationale”.

L’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), dans un communiqué transmis à la rédaction, affirme que le secteur du BTPH connaît actuellement de multiples perturbations. “Frappé de plein fouet par la flambée des prix de matériaux de construction, ce secteur subit des graves revers également vis-à-vis des administrations de supports telles que les banques, les impôts, etc.”, souligne le communiqué de l’Association générale des entrepreneurs algériens, signé par son président Mouloud Kheloufi. L’AGEA indique que “l’exclusion dans le choix de marchés confiés en grande partie à des entreprises étrangères a fortement contribué à perturber ce secteur déjà fragilisé, mettant à mal les moyens et les capacités de production nationale”.

Résultat : l’Association générale des entrepreneurs algériens évoque l’arrêt d’activité de certaines entreprises, les retards dans l’achèvement de plusieurs projets de développement, dont le programme national du million de logements et autres infrastructures publiques. L’AGEA reconnaît que “l’État conscient des erreurs commises dans l’exécution de certains ouvrages, conséquence d’un bâti non conforme aux exigences, remet de l’ordre et recommande la révision des plans d’urbanisation et débloque tous les moyens adéquats et solutions pour améliorer la qualité des ouvrages confiés”.

Pour autant, l’AGEA demande à ce que “les récentes mesures d’assouplissement de certaines charges fiscales, décidées précédemment par l’État à l’encontre des promoteurs immobiliers, soient élargies à l’ensemble des opérateurs du secteur du BTPH”. “Le système des impôts instauré en Algérie étant considéré lourd et contraignant pour l’ensemble des opérateurs”, souligne l’Association générale des entrepreneurs algériens.

L’AGEA indique que “le bâtiment et les travaux publics sont les plus importants sur lesquels se base l’Algérie pour son développement et recèlent des possibilités réelles de créations d’emplois”.

L’association que préside Mouloud Kheloufi interpelle le ministre des Finances “à l’effet de mettre en application des mesures nécessaires et impératives dans le cadre de l’élaboration de l’avant-projet de loi de finances 2009, à travers un plan d’allégements fiscaux et parafiscaux, au profit des entreprises du BTPH”.

L’AGEA propose de ramener la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 17% à 5%. Elle suggère l’application d’un taux d’intérêt de 3% seulement pour les crédits à l’investissement et pour l’ensemble des petites et moyennes entreprises. L’association patronale demande l’abaissement du taux de l’IRG ainsi que la réduction de la vignette à 30%.

L’AGEA recommande, également, de revoir à la baisse les charges sociales (Cnas, Cavnos…), afin de permettre aux employeurs du secteur économique d’engager des actions de recrutement. L’Association générale des entrepreneurs algériens, “au vu de l’inflation actuelle”, appelle à la révision du smig. L’AGEA propose un smig de 25 000 dinars. L’Association générale des entrepreneurs algériens juge favorables les récentes décisions prises par les pouvoirs publics, notamment la révision du code des marchés publics et la distribution du ciment.

M. R.

mercredi 27 août 2008

Habitat : Noureddine Moussa s'en prend aux directeurs de l'Urbanisme
par S. E. K. & H. Saaïdia Le quotidien d'Oran

L'Etat veut mettre bon ordre dans l'urbanisation anarchique qui caractérise nos villes. Une nouvelle loi, parue sur le journal officiel le 20 juillet dernier, vise à mettre en conformité les constructions, y compris sur le plan esthétique. Un ultimatum de 5 ans est donné aux concernés pour parachever leurs constructions inachevées, véritable plaie dans le tissu urbain de nos cités. Dans ce cadre, des brigades chargées de contrôler la conformité des constructions vont être mises en place prochainement dans le cadre de la nouvelle loi sur les constructions et leur achèvement.
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Ces brigades, qui seront créées à la faveur des textes d'application dont la finalisation est prévue dans les toutes prochaines semaines, auront pour missions de veiller au respect des normes d'urbanisation et de vérifier l'achèvement des constructions. C'est ce qu'a indiqué le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme Noureddine Moussa, hier à Alger, en marge d'une réunion tenue avec les directeurs de l'Urbanisme et de la Construction (DUC) des 48 wilayas.
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Pour endiguer le phénomène largement répandu et non moins désagréable des constructions inachevées qui défigurent nos cités et posent un gros lot de désagréments, notamment en matière d'aménagement urbain, la nouvelle loi accorde un délai de cinq ans aux concernés pour achever la construction de leur habitation sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à la démolition de la construction. M. Moussa plaide que ce délai est largement suffisant car il s'agit, dans la majorité des cas, de travaux de finition liés, notamment, à la peinture des façades extérieures des habitations, argumente-t-il.
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La loi sur la mise en conformité des constructions et leur achèvement a pour objectif de mettre un terme à l'état de non-achèvement des constructions, de mettre en conformité les constructions réalisées ou en cours de réalisation antérieurement à la promulgation de la présente loi et de fixer les conditions d'occupation et d'exploitation des constructions. Elle vise également à promouvoir un cadre bâti esthétique et harmonieusement aménagé et à instituer des mesures coercitives en matière de non-respect des délais de construction et des règles d'urbanisme.
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L'amélioration de l'image de la ville n'est pas tributaire, seulement, de la lutte contre l'hideux aspect qu'offrent ces constructions, «l'esthétique doit être hissée au rang d'utilité publique», a souligné le ministre. Dans ce contexte, il relèvera l'aspect négatif qu'offrent les cités en raison de l'emplacement des assiettes paraboliques. Il dira que des solutions techniques existent pour éviter ce genre d'aspect. Il faut relever que dans les ensembles (AADL par exemple) ou dans le contrat de location, il est mentionné noir sur blanc que toute transformation est interdite, y compris l'emplacement d'assiettes paraboliques.
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S'adressant aux DUC de l'ensemble des wilayas du pays, Moussa a indiqué qu'une enveloppe de 328 milliards de dinars avait été mobilisée durant ces trois dernières années pour l'amélioration et la viabilisation des voiries et réseaux divers (VRD) à travers plus de 12.000 cités regroupant 3,2 millions de logements et abritant plus de 20 millions de personnes. Ces opérations d'aménagement sont devenues nécessaires «pour mettre un terme au phénomène de l'urbanisation anarchique qui a déformé le tissu urbain des grandes villes algériennes», a assené le ministre.
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Le ministre a, d'autre part, adressé des instructions aux DUC concernant la révision des schémas directeurs d'aménagement et d'urbanisation en insistant sur la revalorisation du foncier existant dans l'enceinte des tissus urbains et la maîtrise des nouvelles extensions ainsi que le règlement des contentieux fonciers avec une tierce partie avant toute approbation d'étude. S'agissant des plans d'occupation de sol (POS), également en cours de rénovation, M. Moussa a sommé les DUC de finaliser les études relatives aux travaux des VRD avant de procéder à toute réalisation de projets de logements.
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En outre, il les a exhortés à accorder la priorité sur la question de financement des travaux de VRD pour les sites abritant des projets de logement social (LS) et social-participatif (LSP), en rappelant que la loi de finances complémentaire 2008 prévoit une enveloppe de 20 milliards de dinars pour ce type de financements.

mardi 26 août 2008

Lutte contre l’anarchie urbaine : La loi sur l’achèvement des constructions en vigueur
26-08-2008 A. Fadila El Moudjahid

L’amélioration urbaine touche 11.000 quartiers à travers le pays.
En attendant la promulgation des textes d’application de la nouvelle loi obligeant les constructeurs à achever leurs chantiers et impliquant le volet esthétique en tant qu’élément relevant de l’utilité publique, la lutte contre l’anarchie urbaine se poursuit au niveau des structures et directions relevant du département de l’habitat. Hier, M. Noureddine Moussa, premier responsable du secteur, a réuni les directeurs de l’urbanisme des 48 wilayas et ce, dans le cadre d’une rencontre d’évaluation.Une rencontre qui a eu, du moins, le mérite de rappeler l’effort consenti dans le sens d’une amélioration des conditions de vie des citoyens et d’un embellissement progressif des quartiers et grands ensembles urbains.

La nouvelle loi sur l’achèvement des constructions, bien qu’elle concerne essentiellement les propriétaires privés, a en effet été devancée par un programme d’amélioration urbaine à travers tout le territoire national. L’Etat y a consacré la bagatelle de 300 milliards de dinars. Un ensemble de 11.000 quartiers renfermant un total de 3,3 millions d’unités connaît actuellement des travaux d’amélioration. Ces travaux concernent notamment la viabilisation, la restructuration et les espaces verts. Ils touchent, d’après les précisions du ministre, un total de 20 millions d’habitants.

Les machines ont été lancées et des chantiers pullulent dans les wilayas du pays, mais il n’en demeure pas moins qu’un rappel des directives liées à l’urbanisme reste de mise. Le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme n’a en effet pas omis de rappeler à l’ordre les directeurs de l’urbanisme en les conviant à une révision des plans d’occupation du sol (POS) et ce, suivant les besoins et spécificités de chaque région. «Le POS n’est pas figé. Il faut aller vers une approche dynamique dans l’urbanisme», explique-t-il en soulignant que bon nombre d’études liées à la constructibilité de terrains ont montré leurs limites. «Les plans d’urbanisme ont été réalisés durant les années 90 et nous savons tous qu’ils ont été réalisés dans la précipitation. Rien n’empêche leur révision», dira-t-il.

La concertation et la transparence sont, selon le responsable, indispensables pour que des chantiers sains et sans litiges puissent voir le jour et évoluer normalement et sans contentieux. La qualité des études géotechniques, la démultiplication du nombre des agents de contrôle urbain, le respect des spécificités géographiques de chaque site, l’attribution des permis de construction dans un délai d’une semaine ainsi que l’application rigoureuse des sanctions ciblant les constructeurs récalcitrants ont également été au cœur de l’intervention du ministre qui conviera les responsables locaux à aller vers une concertation avec les professionnels et la société civile. «Il ne faut plus tomber dans cette anarchie. Ce travail de rattrapage doit être accompagné par une rigueur dans l’application des lois qui existent», confère-t-il. Les textes d’application de la nouvelle loi sur le parachèvement des constructions seront, d’après le ministre, prêts avant la fin de l’année en cours.

5.000 affaires en justice 10.000 constructions bloquées pour incompatibilité avec les normes.
«Les infractions liées à la construction sont en nette régression », c’est le constat donné hier par M. Naït Saâda, directeur de l’urbanisme au niveau du ministère de l’Habitat. Cette tendance est, en parallèle, appuyée par une meilleure accessibilité du permis de construire. «Le permis de construire doit être délivrable en une semaine et vous verrez que tout rentrera dans l’ordre». La confirmation n’a pas tardé et c’est dans les chiffres annoncés par le directeur de l’urbanisme que l’on trouve l’explication. Ces chiffres explicitent en effet une tendance à la baisse du nombre d’infractions soulevées par les services de contrôle. Les constructions non conformes aux normes et ayant été bloquées ces trois dernières années en attendant une régularisation sont de l’ordre de 10.692 constructions. Sur ce total, 2.857 constructions ont été enregistrées en 2005 contre 3.487 en 2006 et 2.518 en 2007. Le premier semestre de l’année en cours a vu l’enregistrement de 1.830 constructions bloquées. Aussi, 4.924 saisines de justice ont été relevées par le responsable, contre 249 autres décisions prises.

Le nombre de constructions sans permis a, lui aussi, connu une courbe favorable à la baisse, passant de 20.552 en 2005 à 19.307 en 2007. Cette tendance est certainement encouragée par les mesures encourageant l’accessibilité au permis de construire dont l’attribution est passée de 67.975 permis en 2005 à 88.345 en 2007. Le premier semestre de l’année en cours a vu l’attribution d’un total de 44.096 documents, soit un total de 296.775 permis délivrés en trois ans. A. Fadila

lundi 25 août 2008

LA LOI EST ENTRÉE EN VIGUEUR DEPUIS CETTE SEMAINE
Fini les habitations inachevées
25 Août 2008

Il s’agit maintenant de voir si le département de l’habitat suivra l’application de cette loi qu’il a lui-même défendue bec et ongles.
Les autorités semblent décidées à mettre fin à l’anarchie frappante constatée dans le secteur de l’habitat et de l’urbanisme. La loi régissant ce domaine, publiée dans le Journal Officiel en date du 3 août dernier, est entrée en vigueur le samedi 23 du même mois.Au terme de cette loi, il est exigé à tout propriétaire d’une habitation de procéder à l’achèvement de la construction et de respecter «l’harmonie des formes et la qualité des façades d’une construction y compris celle des espaces extérieurs».
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L’article 2 de cette loi, interdit «la création d’un lotissement ou d’un groupe d’habitations sans l’obtention préalable d’un permis de lotir délivré conformément à la législation et à la réglementation en vigueur».Le même article interdit «l’édification de toute construction dans un lotissement non autorisé».
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L’article 4, «interdit l’édification de toute construction dans tout lotissement créé en conformité aux prescriptions des instruments d’urbanisme, si les travaux de viabilité et d’aménagement prévus dans le permis de lotir ne sont pas achevés».Il convient de souligner que les mesures de mise en conformité des constructions en vue de leur achèvement, prennent fin dans le délai de cinq ans, soit en 2013. Il s’agit maintenant de voir si le département de l’habitat suivra l’application de cette loi qu’il a lui même défendue bec et ongles. Théoriquement, les pouvoirs publics comptent veiller à l’application de ces nouvelles mesures.
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Selon l’article 27 de cette loi, «sur la base des informations fournies par le déclarant, les agents de l’Etat et communaux chargés de l’urbanisme, sont tenus d’effectuer une visite sur les lieux et de constater l’état de non-conformité des constructions». Il faut dire qu’une anarchie sans précédent est constatée ces dernières années à travers les villes du pays. La tragédie nationale qu’a vécue l’Algérie a été pour beaucoup dans l’exacerbation du phénomène des constructions anarchiques.
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Rien que dans la daïra de Dar El Beïda, à Alger, sur les 20 lotissements édifiés, 15 sont construits illégalement. Pis encore, ils ne répondent à aucune règle urbanistique.Les façades de ces bâtisses dont la majorité est inachevée, ont un air maussade. Que prévoient les pouvoirs publics contre ce genre de pratique, d’autant que d’aucuns estiment qu’il est trop tard pour procéder à leur démolition? La réponse semble inconnue même pour les autorités. Par ailleurs, s’agissant des propriétaires ne respectant pas la présente loi, des sanctions rigoureuses sont prévues à leur encontre.
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Selon l’article 74 de cette loi, «est puni d’emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans et d’une amende de cent (100.000) dinars à un million (1.000.000) de dinars quiconque crée un lotissement ou un groupe d’habitations sans permis de lotir».En cas de récidive, la peine est portée au double. D’autres sanctions, plus lourdes, sont prévues à l’encontre de quiconque procède à la vente d’un lot d’un lotissement ou le groupe d’habitations, si le lotissement ou le groupe d’habitations n’a pas été autorisé ou dont les travaux de viabilité n’ont pas été encore provisoirement réceptionnés. Une peine de six (6) mois à un (1) ans de prison et une amende de cent mille (100.000) dinars à un (1) million (1.000.000) de dinars ou l’une des deux peines, est prévue à l’encontre des concernés.En cas de récidive, il peut être prononcé une peine d’emprisonnement de un (1) à cinq (5) ans et l’amende portée au double.
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Maintenant que la loi devant régir le secteur de l’habitat est là, il ne reste qu’à l’appliquer. Et c’est là où le bât blesse. Car en Algérie, depuis toujours, l’on met en place des lois, mais on n’a jamais veillé à les faire respecter.
Hakim KATEB

Les EPLF seront dissoutes
par Z. Mehdaoui Le quotidien d'Oran

Dans une note «interne et confidentielle», le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia a instruit le ministre des Finances afin de diligenter «sans délais» l'inspection générale des finances pour la réalisation d'un audit de l'ensemble des EPLF en matière de biens immobiliers, mobiliers et d'avoirs financiers. La note précise que ce diagnostic qui doit être achevé avant le 30 septembre prochain, entre dans le cadre de la décision du gouvernement de dissoudre les Entreprises de promotion du logement familial (EPLF).

La même missive, également adressée au ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, le ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements ainsi que le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme, intime l'ordre «d'éviter de régulariser toute cession ou lotissement des terrains fonciers actuellement détenus par les EPLF».

Parallèlement à cela, le gouvernement a donné instruction au ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements afin de charger les Sociétés de gestion et des participations (SGP), détenant les EPLF dans leur portefeuille, de «procéder sous sa supervision et en associant les services du ministère de l'Habitat, aux préparatifs de dissolution de ces entreprises». Selon le document, l'opération dont sont chargées les SGP vise quatre objectifs, à savoir «présenter l'outil de production des différentes EPLF lorsqu'il existe en vue de mettre sur pied une nouvelle institution», «recenser le patrimoine foncier des EPLF pour le remettre à la disposition du domaine de l'Etat, en vue de son utilisation dans le cadre de la politique nationale de l'habitat», «identifier les avoirs et dettes financiers des EPLF pour traitement approprié dans le cadre du processus de dissolution» et enfin «maintenir l'effectif des travailleurs des EPLF, nonobstant tout processus de réduction qui serait éventuellement requis, avec les mesures légales d'accompagnement».

En outre, le ministre de l'Habitat est chargé par le chef du gouvernement de «préparer la configuration de la nouvelle entreprise appelée à prendre en charge le patrimoine des EPLF à dissoudre et concourir à la mise en oeuvre de la politique nationale de l'habitat». Enfin, la note du gouvernement demande clairement au ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales afin d'informer «confidentiellement» tous les walis de cette opération et ce dans le cadre de leurs relations locales avec les EPLF en rapport avec le programme national de logement, mais aussi, poursuit-on, «à titre préventif face à toute éventuelle action de dissipation du patrimoine des EPLF à la veille de leur dissolution».

Ainsi et alors que dans le passé l'on parlait de la «restructuration» de ces entreprises publiques, la décision du gouvernement, entrée en vigueur à partir du 29 juillet dernier, a fait l'effet d'une véritable «douche froide» pour les responsables des entreprises en question. Certains PDG de ces entreprises que nous avons pu joindre hier et qui ont préféré garder l'anonymat n'ont pas caché leurs craintes des suites d'une décision pour laquelle, disent-ils, ils n'ont pas été consultés au préalable.

«Le gel des activités de commercialisation, d'investissement et des opérations nouvellement engagées (permis de construire, études, etc.) à l'exception d'opérations en cours, va générer l'asphyxie au niveau des trésoreries des EPLF particulièrement pour ce qui est des projets vente sur plans qui vont connaître des surcoûts injustifiés», nous a déclaré l'un d'eux en soulignant que les EPLF, étant des SPA (Société par actions) et ne puisant pas leur financement du Trésor public, ont survécu jusqu'ici grâce à leur propre gestion. D'après ce responsable, la décision de «restructurer» les EPLF semble précipitée et non réfléchie car, affirme-t-il, aucune explication n'est donnée pour rassurer les travailleurs et les entreprises engagées dans la réalisation des programmes, ce qui a, poursuit-il encore, ouvert la voie à toute sorte de spéculation.

Notre interlocuteur a mis en exergue toute la nécessité de «dévoiler» l'objectif de cette restructuration, même si, dit-il, la majorité des gestionnaires de ces EPLF n'ont pas osé faire dans la panique en divulguant les risques encourus pour rassurer leurs clientèles, les travailleurs et les entreprises réalisatrices, en attendant les suites réservées à leur sort. La solution d'après ce responsable est claire. Il préconise de garder les EPLF dans leur statut de SPA et rattachées à un seul holding sous tutelle du ministère de l'Habitat, d'unifier les procédures de gestion, de leur accorder l'accès aux terrains domaniaux et communaux urbanisés et de les laisser travailler avec leur expérience dans l'acte de bâtir tout en les contrôlant par les commissaires aux comptes.

Ceci étant, il semblerait, selon des sources proches du dossier, que la décision de dissoudre ces entreprises est mue par le fait que certaines d'entre elles échappent partiellement au contrôle de l'Etat. Des enquêtes des services de sécurité seraient même en cours concernant plusieurs EPLF et dont des centaines de logements et de locaux commerciaux auraient été «attribués» dans des conditions douteuses.

dimanche 24 août 2008

Parue au J.O N°44 du 03/08/2008 ...
Loi N° 08-15 du 20/07/2008 fixant les regles de mise en conformité des constructions et leur achèvement

samedi 23 août 2008

vendredi 22 août 2008


Ouvriers sans couverture sociale pour de fausses entreprises
Le monde secret de la sous-traitance
21 Août 2008 Midi libre

A Draria, les chantiers sont nombreux. La commune grandit à vue d’œil. Une grande foule y vit et y travaille. il y a des centaines d’ouvriers. Parmi eux, des Subsahariens et autres Marocains qui, eux, se débrouillent dans tous les domaines.

Ils font le même travail, mais ils sont habillés différemment. Hocine, en jeans et tee-shirt, s’affaire à déplacer lentement sa brouette. On dira qu’il transporte quelque chose. Il s’occupe de la préparation du béton, il partage, paraît-il, la même tâche avec Saïd, qui, lui est là, juste pour gagner de l’argent, comme d’ailleurs la plupart des ouvriers. Il est étudiant. Il en a besoin, assure-t-il, pour la rentrée universitaire. «Les étudiants, qui travaillent dans le secteur du bâtiment sont nombreux.

A Draria, il y en a beaucoup comme Saïd», témoigne Ami Rabah, la cinquantaine, père de cinq enfants, dont l’aîné est coffreur avec lui. Lui emboîtant le pas, Hocine va plus loin en soutenant qu’«il y a même un ex-enseignant». Et de préciser : «D’ailleurs, il se débrouille bien en maçonnerie. Il s’en sort également bien même dans le coffrage». Sur les lieux, il y a des grues, des bétonnières et des camions-remorques, circulant dans tous les sens. Hocine, un jeune entrepreneur qui gère deux chantiers et une vingtaine d’ouvriers dit être en sous-effectif. A Draria, les chantiers sont nombreux.
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La commune grandit à vue d’œil. Une grande foule y vit et y travaille. A midi comme durant les soirées, tous les restaurants et les fast-foods sont pleins à craquer. En plus des amateurs de grillades, spécialité des restaurants du coin, il y a des centaines d’ouvriers, qui viennent sur les lieux généralement de l’intérieur du pays, mais il y a aussi des Subsahariens et autres Marocains, qui, eux, se débrouillent dans tous les domaines. Mais, ils sont souvent de passage. «Rares sont ceux qui travaillent plus de deux mois», relève Hocine, qui compte parmi ses ouvriers un groupe de Maliens, un Nigérien et Marocain. Ces derniers «sont très demandés pour les travaux de décoration», nous expliquera-t-il. La majorité d’entre eux préfèrent travailler à leur compte. Ils s’occupent généralement des travaux à la tâche. A Draria et au niveau des autres localités visitées, les Marocains ont le monopole de la décoration, la peinture et des travaux d’enduits.
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Maçon malgré lui Les maçons sont, de plus en plus, demandés au niveau des chantiers. Tous les entrepreneurs rencontrés se plaignent du manque de main-d’œuvre qualifiée. D’ailleurs, il suffit de savoir manier une cuillère à béton pour se retrouver en train de monter des briques . Diouf, un Malien étudiant en médecine, Cheikh, diplômé en droit, enseignants durant trois ans, avant de se lancer dans la maçonnerie, comme la majorité des ouvriers dans les chantiers de Hocine et qui d’ailleurs viennent chaque matin «la démission en poche».
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Le travail dans le bâtiment, dit Amar, doit être correctement payé et assuré. Payé à raison de 500 à 700 dinars par jour, le travail du bâtiment est également plein de risques. «Ils sont rares les entrepreneurs qui déclarent aux assurances leurs employés, alors que les accidents de travail se produisent souvent», nous a fait savoir Rachid, ferrailleur qualifié, soulignant que cette situation est due à l’état de leurs employeurs, qui exercent dans l’illégalité.
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Il arrive souvent que les ouvriers ne soient même pas payés. Certains ont du mal à récupérer leurs dus. «C’est l’anarchie totale», s’exclame le ferrailleur. Lui emboitant le pas, ami Rabah, «c’est l’absence d’assurance et de prise en charge, qui chassent les gens des travaux de bâtiment», assure-t-il. L’absence de couverture sociale est dans la majorité des cas un élément fondamental, qui pousse les jeunes chômeurs à fuir le secteur du bâtiment. «Des centaines de personnes employées dans des chantiers ne sont pas déclarées à la Sécurité sociale», souligne Ahmed de l’inspection du travail. Pour lui, cette situation constitue une infraction à la loi du travail, d’autant plus que le secteur du bâtiment enregistre annuellement beaucoup d’accidents de travail.
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Quant aux entrepreneurs, certains soulignent que la couverture sociale de tous leurs ouvriers revient très cher, alors que d’autres ne disposent pas de registre de commerce, leur permettant de déclarer leurs ouvriers aux assurances. Commentant cette situation, Cheikh assure, pour sa part, que «ce sont les rudes conditions de travail et l’absence de droits socioprofessionnels qui fait fuirles gens des chantiers. Ce n’est pas aussi ambigu pour comprendre pourquoi les jeunes préfèrent les autres secteurs que celui du bâtiment», lâche-t-il.

Par : Kamel Lakhdar chaouche

jeudi 21 août 2008

Nos villes sont hideuses
par El Yazid Dib Le quotidien d'Oran

Les ruelles ont remplacé les boulevards. Le carrelage supplante le pavé. La bordure du trottoir n'est plus en pierre taillée. L'agencement des rues ne répond plus aux besoins de beauté et d'esthétique urbaine. Nos villes sont-elles cependant si hideuses ? Faites le tour. La libération du foncier vers les années quatre-vingt se targuait d'être une panacée devant l'inertie qui greffait la marche du développement. L'on ne savait pas à cette époque, ce qu'allait advenir les immenses espaces dégagés dans un cadre appelé les réserves foncières. Prises sur les terres arables, ces étendues formeraient l'assiette de base à de futures agglomérations, qui, en fin de compte, ne ressemblent ni à des villes, ni à des villages. Un conglomérat d'habitations individuelles. Les mairies faisaient alors des tirages au sort pour l'octroi de lots de terrain. Il suffisait d'une demande griffonnée à la hâte, d'un certificat dit négatif, et le lot est en poche. Qu'il soit marginal ou dans une poche vide. Commençait alors une guerre terrible en termes d'approvisionnement en matériaux de construction. Les cartes de client sont apparues comme une voie exclusive d'accès à cette denrée rare. Le marché noir allait prendre une ampleur jamais contenue et qui se perpétue autant que se perpétue à ce jour la recherche d'un lot à construire.

L'Etat vendait le fil d'attache, la gaine et le grain de riz. Il le faisait par l'intermédiaire de sociétés érigées, pour réguler la forte demande. L'intercession, le favoritisme et la corruption grégaire et primitive auprès de ces organismes battaient son plein. Les appellations SNMC, EDIMCO, SNS étaient sur toutes les lèvres. Ces sigles semblaient offrir le paradis terrestre. Il était plus facile en ce temps d'obtenir un visa, qui d'ailleurs n'existait pas, que de pouvoir voir l'un des dirigeants de ces entreprises. Leur rapprochement ou leur amitié constituait la cible privilégiée de la convoitise de tous ceux qui allaient devenir un jour, de gros potentiels propriétaires foncièrement urbains. La gestion du foncier n'arrivait pas à suivre le rythme de la régulation du marché. Le fait d'avoir beaucoup de terrains face à l'insuffisance des produits de construction avait vicieusement créé un déséquilibre inouï. Le lot est là, alors que le produit est ailleurs ou n'existe pas.

En ce jour, c'est le contraire qui se constate. Beaucoup de matériaux, pas de terrains. Malgré cette « faoudha foncière » et à la faveur injustement de celle-ci, la norme la plus élémentaire en instruments d'urbanisme n'était que pur formalisme. L'on faisait signer son plan par la simple apposition d'un cachet, on lui adjoignait un devis estimatif et quantitatif, l'on obtenait son permis de construire, l'on établissait ses cartes de client et c'est tout. Ni les délais de réalisation, ni le plan d'occupation au sol, ni les dégagements ou les traitements de façades ne furent objet à un respect rigoureux ou approximatif encore moins à un contrôle pour forcer légalement ce respect. Cette façon de gérer à la va-vite garde encore des séquelles indélébiles. Un décor brut de briques, de dalles et de parpaings.

Des constructions jamais faites, inachevées ou entamées témoignent toujours de cette ruée vers l'auto-construction incontrôlée, libre et sauvage. Sans le savoir l'on a pu quand même faire naître des monstruosités. A l'exception de quelques grands centres urbains, toutes les cités ne reflètent que des modèles déplorables. Une forte densité, un sentiment impersonnel, un cadre inhospitalier tels sont les principaux traits qui semblent les caractériser. Une non gestion y est vite installée. En plus de cet aspect maussade de l'individuel, l'autre mode de construction en collectif est venu ternir davantage l'image que l'on devait voir en réalité surgir des maquettes exposées et des plans étalés à chaque visite ministérielle ou lors d'inauguration et d'inspection de chantiers. Ces centaines de bâtiments, ces milliers de logements, n'arrivent à faire que le bonheur de leurs initiateurs d'entre walis et promoteurs. Ils n'y habiteront certainement pas.

Ces lots d'appartements formalisés sous divers intitulés du logement rural, social, évolutif, participatif, promotionnel ou combiné l'un à l'autre ne sont que des unités statistiques pour atteindre un objectif numérique. Dépourvus dans leur majorité du souci qualitatif, ils n'offrent pas, peut-être devant la pression accentuée de la demande, une sensation agréable à la vue dehors ou à la vie dedans. L'exception étant toujours de règle, l'on apprend néanmoins qu'à Sétif, Bedoui Noureddine détenteur des droits d'auteurs du LSP aurait exigé que toutes les marches et contre-marches des escaliers collectifs soient en marbre dur et pur. Certes, c'est un bond que l'on dit qualitatif, mais qui reste en deçà des exigences que recommande la vision légitime d'une meilleure vie collective. Un élan soutenu dans l'organisation de la vie sociale. Mais à vrai dire, qui peut être derrière tout ce marasme de mal-vie intra-muros ? L'auto-constructeur, le gouverneur ou le concepteur ? L'ensemble, diront les uns. Le dernier plus que les autres diront les autres. Finalement, l'on s'aperçoit que gérer une ville demeure plus laborieux que de diriger un peuple.

La ville est une idée. Le peuple, un ensemble de besoins. Le satisfaire resterait une question de bons de commande tout simplement. Alors qu'avoir une idée, la bonne, la plus utile, la nécessaire et la moins encombrante ce n'est pas un petit jeu. Dessiner la ville dans son ensemble naturel n'est de surcroît un simple coup de crayon et un va-et-vient rapide d'une gomme. Toute l'atrocité actuelle de nos villes, bourgs et bourgades a, à l'origine, une idée datant dès l'ouverture des transactions foncières. Avec cette affluence vers les lots de terrain qui continue d'ailleurs, les lots marginaux, les quatre façades, les pourvoyeurs du foncier, les dessinateurs et les créateurs de concepts ne pensaient pas arriver un jour, à reproduire des étrangetés inhabitables, ingérables et irrespirables.

La densité fait que les r plus x font étouffer le passant et le résident. Les ruelles ont remplacé les boulevards qui devaient assurer une bonne harmonie architecturale ainsi qu'une fluidité circulatoire. Dans ces béton-villes, la vie n'est perçue qu'au crépuscule. Cités-dortoirs ou villes sans âme. Là, dans ces lotissements, dans ces ZHUN, dans ces coopératives immobilières la vie prend un autre sens. Venir dormir et s'en aller. La vie est ailleurs. Dans la place d'antan. Dans le centre-ville. Il n'y a plus de différence entre une ville, un village et une campagne. Tout se confond. La ville étend sa citadinité jusqu'à mettre en construction autour de son noyau central des habitations ressemblant plus à des villages qu'à des périphéries.

Le village quant à lui, dans son élan expansionniste arrive à défier, sans l'atteindre, la norme citadine qui fait d'une ville une ville. Et là, toutes les nuances sémantiques sont d'actualité : les rutadins, les rurbains et les citaruraux. Des maisons gigantesques différemment construites, distinctement décorées sont là comme preuves de l'ingéniosité des concepteurs de normes d'habitation et de règles de proximité. Autrement dit, chaque maison prise à part peut arborer une certaine recherche dans l'embellissement ou l'ornement. Les loggias, les balcons, les voûtes et les toitures forment un joli tout pour exprimer une touche architecturale particulière. Mais, une fois posée l'une à l'autre, l'ensemble n'arrive pas à dégager un beau quartier. Les rues sont étroites quand l'espace d'en bas n'est pas complètement garagé. Avec des rideaux à lames de fer, du barreaudage et de la hauteur inutile, tout devient vilain et repoussant. Que dire alors de ces couleurs inappropriées ou peintures rabâchées ? De ces jardins de proximité clos et clôturés ? De ces espaces dits verts que seule la terre végétale semble en tenir lieu d'hypothèse verdoyable ? De ces regards et caniveaux qui sont là où l'eau pluviale ne se rassemble jamais ? De ces poteaux électriques qui n'illuminent personne ? De ces innombrables locaux fermés et qui truffent horriblement les deux bords de la chaussée ? Il se passe donc, quelque chose dans la tête de ceux qui assurent la gouvernance et la survie de nos villes et cités. Du moins, ceux qui sont en charge de les penser, les créer.

Mais où sont donc passées ces places et fontaines publiques d'antan ? Seraient-elles remplacées par des toilettes publiques ? Des arrêts spontanés de bus ? Ou des étals de toute-vente ? Pourquoi l'agencement des rues ne répond plus aux besoins de beauté et d'esthétique urbain ? En somme, il apparaît que le progrès urbain peut être le produit d'une fantaisie. Le type d'hébergement ou le mode de vie urbaine, outre qu'il tend à combler un besoin vital et naturel, semble s'astreindre à des options personnelles. La ville est ainsi le résultat de tant d'efforts éparpillés et distanciés par le temps. J'ai cru lire quelque part, que la ville « est un ensemble d'abris habités et de structures qui assument les trois fonctions suivantes : travail, repos et loisir, dans les lieux qui leur ont été impartis, reliés par des réseaux de communication variés, en surface, dans les airs ou en sous-sols ». L'on voit donc que la ville a une fonction et vise un but. « Réussir la vie de ceux qui à la fois la servent sans être asservis par elle et se servent d'elle sans l'asservir ».

Telle devait être la philosophie présidant à la pensée, la création, la gestion et la réhabilitation des ensembles urbains, afin que nos villes ne soient plus hideuses.

mercredi 20 août 2008

Entretien avec M. Djebli, chef du département de maîtrise d’ouvrage à l’OPGI d’Oran
«Nous tablons sur la livraison de 3 000 logements fin 2008»
Le jour d'Algerie 20/08/2008

Les travaux de la réalisation de 5 000 logements affectés à la wilaya d’Oran semblent connaître un bon avancement. Les difficultés rencontrées lors du lancement du projet ont été levées, selon M. Djebli, qui réitère, dans cet entretien, la détermination de l’OPGI d’Oran de réceptionner la totalité du programme au début de l’année en cours.

Le Jour d’algérie : La wilaya d’Oran a bénéficié d’un quota de 5 000 logements socio-locatifs dans le cadre du programme quinquennal. Où en est la réalisation de ce programme ?

M. Djebli : la réalisation du programme connaît un bon progrès. Il est important de signaler que la totalité des projets chapeautés par l’OPGI d’Oran est lancée sur le terrain et que les chantiers sont grands ouverts pour achever les travaux dans les délais décidés, c’est-à-dire fin 2009. Pour nous, la date butoir pour livrer tout le programme est fixée au premier trimestre 2009. Il faut préciser également que le lancement des travaux de la réalisation des logements, inscrits tous dans le cadre du programme quinquennal fin 2004, a eu lieu depuis 2005. Le programme est réparti sur 26 sites de façon équitable dans la mesure où l’ensemble des communes et des daïras de la wilaya ont bénéficié d’un quota de ce programme.

Y a-t-il eu achèvement d’une partie de ce programme ou tout est encore en chantier ?

Non, non, la réalisation d’une partie du programme a été complètement achevée. A la fin 2007, nous avons enregistré plus de 1 000 logements complètement achevés, notamment dans la commune d’Oran, de Dar Beldjir, de Tafraoui, à Sénia et autres. Le plus gros du programme est inscrit dans la daïra de Beldjir qui a reçu, en plus de son programme, celui de la commune d’Oran où nous avons enregistré une insuffisance dans les assiettes foncières. Nous avons dû faire le transfert du quota vers une autre daïra. Le reste du programme est en cours de réalisation et le taux d’avancement des travaux est globalement appréciable.

La distribution des logements achevés est prévue pour quand ?

Tous les logements sont réalisés et achevés totalement, c’est-à-dire que même les travaux de viabilisation et d’aménagement des sites ont été finalisé et ratifiés à la wilaya. Il y a lieu maintenant de mettre en place les commissions au niveau des daïras et des communes pour étudier les dossiers et commencer l’attribution des logements. Notre mission à nous s’arrête à la réalisation des logements.

Combien d’entreprises ont été mobilisées pour la réalisation de ce programme ?

Il y a actuellement 108 entreprises sur les chantiers, de différents calibres, entre PME et groupements d’entreprises, dont 5 entreprises étrangères chinoises et turques. 46 autres entreprises ont quitté les chantiers après avoir achevé leur travail.
Quelle est votre appréciation de la prestation des PME algériennes dans le domaine de la construction, surtout que c’est peut-être la première expérience pour beaucoup d’entre elles ?
Elles s’en sortent bien. Elles ont quelques difficultés mais elles arrivent quand même à les dépasser.

Peuvent-elles relever le défi et remet-tre les projets dans les délais fixés ?

Avec un plus d’efforts et beaucoup plus d’organisation, ces entreprises peuvent honorer leurs engagements et faire un travail à la hauteur de la confiance que nous avons placée en elles. Ce sont des entreprises qui travaillent et qui font l’effort d’avancer, même si ce n’est parfois pas très facile. C’est une bonne expérience pour beaucoup d’entre elles.

Quelle est la cadence de travail ?

Les sociétés algériennes travaillent entre 10 à 12 heures par jour ; ce sont des journées rallongées, ce qui permet aux entreprises de travailler jusqu’à des heures tardives. Les entreprises étrangères travaillent, quant à elle, selon le mode du trois fois huit. Il ne faut pas perdre de vue que c’est l’année la plus chargée, dans la mesure où le plus gros du programme sera réalisé et réceptionné fin 2008.
Nous, à l’OPGI d’Oran, nous tablons sur la livraison de 3 000 logements avant la fin de l’année en cours, puisque dans nos prévisions, nous avons décidé d’atteindre quelque 3 590 logements, ce qui veut dire que nous allons dépasser 70% du programme confié à la wilaya.

L’année en cours a été marquée par la pénurie et la cherté des matériaux de construction. Cette situation a-t-elle eu un impact sur la cadence de la réalisation du programme ?

La wilaya d’Oran, à l’instar des autres wilayas du pays, a vécu et connu ces difficultés, notamment celle relatives à la pénurie des matériaux de construction. Nous avons eu un grand problème en matière de fer à béton seulement. Les autres matériaux comme le ciment, le sable, le gravier, ont été disponibles et nous n’avons pas enregistré un grand manque.
Il y a eu des conséquences, bien évidemment, sur le rythme de la réalisation. Heureusement qu’elle n’a pas touché tout le programme, mais une partie seulement. Cette situation difficile a été enregistrée vers la fin de l’année 2007.

Les entreprises chargées de réaliser le programme dans la wilaya d’Oran, malgré les problèmes connus, n’ont pas cessé leur activité.
Nous n’avons pas enregistré un arrêt de chantiers, il y a eu un ralentissement dans les travaux qui a duré à peine deux mois mais pas un arrêt total.
Maintenant, on est en train d’essayer de rattraper ce léger retard en apportant de petites modifications dans le planning de réalisation. Nous optons actuellement pour un rythme de travail qui avance en fonction de tâches journalières que l’entreprise doit exécuter et respecter surtout.

Quelles sont les autres difficultés qui ont été à l’origine du retard accusé dans la réalisation de ce programme ?

Beaucoup de difficultés abordées ont été traitées dans le cadre des nouvelles dispositions prises dans le code des marchés publics. Nous avons rencontré des problèmes dus essentiellement à la caution de soumission, notamment dans le cas où l’entreprise soumissionne pour plusieurs marchés en même temps.
Nous avons également soulevé le problème de la caution de bonne exécution dans la mesure où l’entreprise devait payer cette caution au dépôt de la première situation. Ce sont des problèmes d’ordre financier qui sont devenus une charge lourde à supporter par les entreprises. Heureusement qu’il y a eu amendement du code qui a pris en charge toutes ces préoccupations.

Comment avez-vous résolu le problème du foncier pour lancer le programme ?

A vrai dire, ce problème ne s’est pas posé au niveau de notre wilaya. Les assiettes foncières ont été mobilisées dès la première semaine de l’annonce du programme.

Beaucoup de bureaux d’études et d’entreprises de réalisation se sont plaints du manque de dialogue avec les OPGI. Pourquoi et quels sont les problèmes qu’ils posent ?

Il a été question d’être à l’écoute de ces derniers et de les accompagner dans le règlement de leurs problèmes sur le terrain. A notre niveau, je précise et je rassure que c’est l’une de nos plus anciennes traditions. Nos portes ont toujours été ouvertes à tous les opérateurs. Nous les recevons, nous les écoutons et nous les aidons à dépasser toutes les difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans l’exécution des projets. Nous n’avons pas besoin d’attendre des instructions dans ce sens.

Nous avons des séances de travail quotidiennes avec les entreprises et les bureaux d’études au niveau du bureau et même sur les chantiers. A mon avis, le seul problème qui se pose, c’est la communication sur des demandes tout à fait légitimes. En général, les entreprises demandent à discuter des problèmes techniques sur les chantiers, des problèmes de finances, d’endettement, ou même de la situation des travaux. A notre niveau, la demande est traitée et la réponse est fournie le jour même, qu’elle soit positive ou négative.

Quelle a été l’enveloppe dégagée pour la réalisation de la totalité du programme ?

Je peux vous donner le coût de revient d’un logement qui est, en moyenne, de 170 millions de centimes. L’enveloppe financière sera arrêtée à la fin du programme et toute demande de rallonge sera satisfaite, car nous n’avons pas de problème de finances.

Le problème du vieux bâti est cruellement posé à Oran. Quelle est la situation actuelle ?

La seule information que je peux vous communiquer est celle du relogement des familles qui habitaient dans des immeubles menaçant ruine. La wilaya d’Oran a initié une première opération où ont été relogées 815 familles.
Ces familles occupaient des habitations vétustes réparties dans sept secteurs de la wilaya. Ces familles occupent actuellement des logements neufs réalisés dans le cadre du programme de un million de logements.
Cette opération a permis d’évacuer 101 immeubles qui ont fait l’objet d’examen de commissions techniques et déclarés dangereux et non habitables. Ces immeubles vont être carrément rasés pour pouvoir récupérer les assiettes foncières qui sont, je précise, de grande valeur, puisque situées au centre d’Oran.

Quelle sera leur destination ?

Il y a une étude engagée pour justement décider des projets que ces assiettes vont accueillir. Il y a un besoin d’équipements, de logements, d’espaces verts, et même de parkings.

Le programme de 5 000 logements va-t-il régler définitivement le problème du logement à Oran ?

Ce programme va permettre d’absorber, pour le moment, le déficit enregistré en matière de logements dans la wilaya d’Oran. La demande en la matière a été, au début des années 1990, à 50 000 logements. Plusieurs formules ont été initiées pour permettre à beaucoup de citoyens d’acquérir un logement, mais le déficit est toujours là.

Nouria Bourihane

mardi 19 août 2008

Après la décision d’importer un million de tonnes de ciment
Que se passe-t-il dans le secteur ?

Le jour d'Algerie 19/08/2008

La dernière décision prise par les sociétés de gestion et de participation (SGP) concernant l’importation de ciment pour faire face aux besoins exprimés sur le marché national en la matière afin de parachever la réalisation des différents projets inscrits dans le cadre des programmes quinquennaux suscite de multiples interrogations.

Cette décision, outre son objectif apparent et plausible, donne matière à réfléchir sur la situation de la production du ciment en Algérie et les perspectives de cette filière, qui ne semble pas être en mesure de relever les défis de l’heure. Il semblerait, de ce fait, urgent de s’arrêter pour faire le point sur les décisions prises par le passé concernant la production du ciment, mais surtout établir un constat sérieux capable de détecter les lacunes et les problèmes que vit cette filière, dont l’importance n’est plus à démontrer. Ainsi, l’avis d’appel d’offres international lancé la semaine dernière par la Société de gestion et de participation «Industrie des ciments» (SGP-GICA) pour l’importation de un million de tonnes de ciment portland composé n’a pas été bien accueilli par de nombreux professionnels qui continuent de s’interroger sur les réelles motivations ayant poussé le recours à l’importation du ciment au moment où le secteur continue de faire face à de nombreuses difficultés qui le mette dans une situation de stagnation totale.

L’Algérie a recouru, il y cinq ou six ans, à l’importation de la même quantité de ciment au moment où une crise s’est installée avec des pénuries en la matière. Cela s’est passé au lendemain du lancement des programmes ayant été marqué par un véritable «boom» enregistré dans le domaine de la construction. Le lancement d’un autre appel d’offres, c’est-à-dire la réédition de la même opération en un laps de temps, donnera impérativement lieu à s’interroger sur l’issue de cette décision et le sort de ces importantes quantités que les autorités compétentes devraient importer. Cette décision renseigne également sur la situation très critique du secteur du ciment en Algérie qui se trouve dans une situation d’impasse en l’absence d’une prise en charge réelle et efficace des nombreuses préoccupations exprimées.

L’opération d’importation de ciment va mobiliser, au minimum, entre 100 et 120 millions de dollars. Une grande somme qui vaut un investissement à long terme, à travers l’équipement et l’extension d’une cimenterie nationale. Les problèmes de faisabilité et de timing sont crucialement posés. L’importation des premières quantités de ciment ne peut intervenir qu’à la fin de l’année en cours, c’est-à-dire après avoir finalisé toutes les procédures de l’appel d’offres. Dans ce cas de figure, le ciment arrivera sur le sol algérien en période d’hiver où la demande enregistre habituellement une baisse considérable.

La question qui mérite d’être posé : y a-t-il une connaissance réelle du marché du ciment en Algérie avec une maîtrise des données sur les besoins et les quantités utilisées ? La réponse à cette question devra expliquer le motif qui réside derrière les quantités énormes qu’on décide à chaque fois d’importer mais aussi donnera une idée précise sur la situation de la production nationale. Les professionnels estiment que les cimenteries algériennes ont la capacité de faire face à l’importance de la demande. Il est question, dans ce cas de figure, de produire entre 50 à 100 mille tonnes supplémentaires par mois au niveau de chaque cimenterie. Un objectif facile à atteindre sous réserve de mesures simples mises en œuvre pour la relance des unités de production de ciment en Algérie.

Toujours dans ce contexte, il y a lieu de relever, entre autres, la convention signée entre la BEA et la GICA pour le financement de l’extension de trois cimenteries, à savoir celles de Béni Saf et de Chlef pour augmenter leur capacité de production de deux millions de tonnes chacune, ainsi que celle de Sétif où il a été décidé de relever sa capacité de million de tonnes annuellement. Ces mesures ne peuvent avoir d’impact sur le marché algérien qu’à l’horizon 2011 à 2012, ce qui laisse entier le problème de l’approvisionnement de cette matière au niveau du territoire national. L’autre élément concerne l’implantation des cimenteries installées essentiellement dans l’ouest du pays. Ces dernières disposent d’une capacité de production de 14 millions de tonnes d’ici 2012, ce qui n’est pas impossible à réaliser dans la mesure où toutes les cimenteries possèdent de grandes capacités de production à moins d’apporter les améliorations nécessaires.

Pour de nombreux professionnels, la décision d’importation de ciment met à nu la politique de production nationale et démontre l’inexistence d’une gestion stratégique du secteur. Cette manière d’agir ne peut pas régler le problème du ciment en Algérie mais va aggraver la crise dans le secteur. Il y a lieu de mettre en œuvre le schéma directeur industriel portant les nécessaires mesures pour relever et réhabiliter le secteur. Ainsi, l’augmentation des capacités de production des cimenteries devra passer par la réhabilitation des équipements.

Les professionnels déplorent la non-application de la politique de mise à jour. Ceci d’autant plus qu’au niveau de l’environnement international du ciment, évoluent des cimenteries dotées de dernières technologies et qui ont une parfaite connaissance du marché algérien.
Par Nouria B